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DEO GRATIAS !

imageEn ce Dimanche 17 aout, nous voici arrivés à Rome (dans la zone Nord certes, mais à seulement 9 km de la place St Pierre), chez les Soeurs Franciscaines Missionnaires du Sacré Coeur, qui nous avaient déjà accueillis dans leur maison d’Assise.

Il nous aura fallu donc 7 jours pour parcourir les 180 km d’Assise à Rome – à croire que des ailes nous sont poussées lors de notre passage par Sainte Marie des Anges ;-)….Malgré la chaleur et un parcours devenu routier et asphalté pour l’essentiel, nous avons eu de belles étapes et rencontres. Notamment Emmanuella et Margharita qui se sont démenées à Montefalco pour trouver un coin d’herbe pour nos ânes; Costantino et Tina, qui nous ont accompagné avec leurs bicyclettes pendant quelques kilomètres pour arriver à Bevagna – petit bijou médiéval où ils passent leurs vacances.IMG_7159 (800x600) Et puis Denis (encore un cycliste), qui s’est interrompu dans sa course pour nous ravitailler en boissons et carottes, avant de revenir ensuite nous rendre visite à notre halte du soir à Spoleto – où nous étions accueillis chaleureusement à la maison d’accueil du couvent San Ponziano (par Elmira et mère Marie Agnès). A Giuncano, alors que nous errions vers 18h à la recherche d’un abri pour la nuit, ce fut la rencontre étonnante avec Gabriela, Frida et Mario qui nous ont offert leur toit. A Torri in Sabina, l’accueil simple et chaleureux de Carola – avec des piscines qui ont fait la joie des enfants comme à Ceretta (près de Stroncone) où Carlo nous avait accueilli la veille dans son agriturismo. Marco et Dimitri, qui nous ont offert leur jardin pour une pause de midi, Mario qui a sauvé Joseph d’un bassin où il était tombé, Elisabeth d’EuroHotel et tant d’autres encore….qu’il est important d’écrire ce qui nous a été donné de vivre pour ne pas oublier trop vite ces noms, ces visages et ces situations où nous avons pu sentir la grâce que Dieu nous donne en toutes choses et à chaque instant!

En progressant vers Rome, nous avons pu goûter une atmosphère devenue plus urbaine et par conséquent un peu plus tendue, notamment au volant – où nos amis italiens donnent parfois l’impression d’être humiliés s’il leur faut ralentir au passage de notre caravane – et ce malgré les innombrables panneaux indiquant de pseudo-contrôles radar ou des limites qui ne sont jamais respectées. C’est dans cet environnement pas très représentatif de notre voyage que nous avons été interviewés par TV 2000 (télé de l’épiscopat italien) qui a même fait usage d’un drône pour la plus grande joie des enfants. Après Famiglia Cristiana et son article variété, la Republica de Campo Ligure en version live Youtube, la Nacion d’Aulla et son journaliste anonyme et illuminé, la Provence et ses articles sympathiques, sans oublier le site internet de Spoleto, et puis Facebook, qui nous vaut d’être sans arrêt mitraillés par des smartphones pour les besoins d’une foule en attente de spectaculaire, on a un peu l’impression que le simple fait de marcher (ok, avec des ânes et des enfants « tutti vostri ? ») c’est devenu  » méga tendance »! Alors tant mieux 😉

IMG_7248 (800x600)Dans les dernières lignes droites en périphérie urbaine, sous un soleil de plomb, nous avons croisé de nombreux migrants africains ou indiens, et des femmes qui se prostituent (« pas très élégantes » dixit Constance), et ce, des kilomètres durant….Une réalité crue et des vies malmenées que nous avons confiées à notre prière en marchant.

Ce soir, après un accueil hyper chaleureux des Soeurs qui sont aux petits soins pour nous (et nos ânes !!), nous avons couché des enfants heureux et épanouis – et pourtant pas si facilement malgré les 27km parcourus pendant cette journée….Avec en fond sonore les grands éclats de rire de Zélie qui semble avoir bien réalisé l’aboutissement de notre périple 😉

Demain et les jours prochains seront consacrés à se reposer un peu, visiter quelques morceaux de choix, préparer nos ânes pour l’entrée à Jérusalem Rome, et organiser le retour (et oui il le faut bien, même si le ciel est toujours plus bleu par ici :-).

Pas de photos de la semaine – en raison de contraintes techniques. Le parcours effectué a été mis à jour et peut être consulté en cliquant ici.

Invités à toujours espérer

IMG_7119 (800x600)Une pause de 4 jours à Assise, à quelques pas de la Porzioncola (Basilique Ste Marie des Anges), n’aura pas été de trop pour prendre du repos et relire le chemin parcouru ces dernières semaines…

Les enfants nous ont encore largement épatés : les journées se sont pourtant faites plus longues (et donc les réveils plus tôt), et si la difficulté du terrain a cédé la place à des sterrata (routes de terres), les distances se sont elles aussi allongées. Malgré quelques coups de fatigues ici où là, ils ont vaillamment parcouru ces étapes et dans une ambiance familiale globalement sympathique : les caractères s’affirment, le compagnonnage s’approfondit entre eux et avec nous, de même que leur sociabilité (y compris en italien – surtout quand il s’agit d’aller chercher des glaces) et tout cela pour notre plus grand bonheur. Il faut aussi dire que tous ceux qui ont partagé notre chemin (que chacun d’entre eux en soit d’ailleurs encore remercié !) ont largement participé à ce bon état d’esprit en permettant à notre tribu de se décentrer.IMG_1747 (800x533)

Nous avons donc traversé une grande partie des Alpes Apuanes en compagnie de Jean-Baptiste, ne délaissant le chemin d’Assise qu’à partir de Vagli Sotto pour un détour routier par Castelnuovo di Garfagnano puis Borgo a Mozzano, au cours duquel nous avons pu retrouver Thomas & Friederike pour 2 jours (voir ici leur récit). Nous somme ensuite descendus vers la plaine de Lucca et avons parcouru les merveilleuses collines toscanes, alternant vignes, olivier et allées de cyprès : en rejoignant la via francigena à San Miniato (où Alexandre nous a rejoint), nous avons aussi découvert quelques autres pèlerins, alors que nous cheminions jusqu’alors à peu près seuls. En progressant vers l’Ombrie, nous avons pu sentir une augmentation sensible des températures, à peine rafraichies par quelques orages et averses. Et cela de pair avec une augmentation des étapes kilométriques, souvent liées à l’absence ou de grandes difficultés à trouver un hébergement – notamment en raison de nos ânes, qui font pourtant l’objet d’une admiration permanente. La fatigue aidant, il nous a été parfois bien difficile (et même, disons le clairement, encore impossible) d’aimer vraiment ceux qui nous rejettent et d’être heureux à la façon de St François (voir ici le fioretti sur la joie parfaite) comme à San Gimignano ou à Pienza, où nous avons rencontré de désagréables mais bien anecdotiques réactions hostiles. Néanmoins, dans ces moments de doute, il s’est toujours trouvé une lumière pour nous éclairer et nous rassurer – et même à la dernière minute, comme à Lucignano d’Asso où Mustapha et Ghyslaine, un couple de français en vacances, nous a offert une chambre et une douche alors que nous nous apprêtions à dormir dans un garage poussiéreux. Deo Gratias !

IMG_1737 (800x533)Avec persévérance, nous avons chaque jour repris la route (peu de pauses au compteur ces 3 dernières semaines – faute d’endroit propice) et ce sans savoir nécessairement où nous arrêter le soir, avec la confiance que « quelque chose de bon va arriver » comme le dit souvent Léopold avec conviction. A Monticchiello, ce furent Monica et son papa, qui ont agité le quartier jusqu’à ce que des portes finissent par s’ouvrir – facilitant notre accueil par Pier Luigi et Mihaela. De même, à proximité de Sienne, nous avons sonné pourtant tardivement à la porte de la magnifique maison de Sally et sa famille…et avons eu la joie de voir sa porte et son cœur s’ouvrir largement. En arrivant à la pause de midi à Montepulciano, devant le sanctuaire St Blaise, un couple nous a donné la possibilité de dormir dans des garages à notre étape du soir à Montallese – nous permettant même d’y loger nos amis Tomek et Marie-Pushpa venus marcher une journée. En arrivant sur Assise, alors que de nombreux lieux d’accueil avaient refusé notre demande préalable d’hébergement, Fr Cristiano (dont Céline a déjà mentionné l’importance pour nous dans son récit récent) nous a trouvé un lieu parfait chez les Soeurs Missionnaires du Sacré Coeur (accueillis par Sr Elleadora, Sr Maria Fermina et Sr Vittoria), à proximité de la Porzioncola dont nous avons pu sentir depuis la grâce spéciale qui en émane, à l’instar des milliers d’autres pèlerins qui viennent se recueillir ici pour demander et recevoir une profonde réconciliation avec et en Dieu.

IMG_7128 (800x600)Le lendemain de notre arrivée à Assise, Olivier nous a fait la joie de venir nous retrouver en parcourant près de 900 km d’une traite en voiture (ça va plus vite qu’en âne mais c’est long quand même). Au programme notamment, visite du couvent et Basilique St François (et notamment de la tombe, émouvante par son dénuement – et devant laquelle nous avons prié pour les intentions qui nous ont été confiées), des lieux où il est né, a été emprisonné par son père (Chiesa Nueva) et a travaillé; visite de la basilique Ste Claire et notamment de la croix de St Damiano (celle qui a parlé à St François pour lui demander de rebâtir son Église); visite de St Damiano, première église reconstruite par François et lieu ensuite confié à Ste Claire, qui est resté d’une beauté simple et épurée; visite de la Porzioncule bien sûr, où l’on a pu participer à la messe et recevoir le sacrement de réconciliation – mais aussi voir l’endroit où St François s’est jeté dans les ronces pour résister à la tentation du renoncement à son engagement (le Rosetto, où des roses sans épines fleurissent désormais) et où il est mort en portant les stigmates, c’est à dire les plaies du Christ. Nous avons été aussi passer une bonne demi-journée sur les hauteurs d’Assise, à l’ermitage des Carcieri, où St François et ses compagnons vivaient et priaient dans une grande simplicité, abrité seulement dans des grottes – ce qui les invitaient aussi à une grande communion avec la nature et à la contemplation. Bon et puis comme il fait très chaud ici, nous avons aussi raisonnablement alterné ces visites avec des séances piscine qui font la joie rafraichissante des petits et des grands !

IMG_1751 (800x533)Pendant ce temps, Toto et Menelas – qui sont arrivés à Assise en tirant la langue comme nous –  se sont également refaits une santé dans le jardin des sœurs (sans manger trop de rosiers on espère), gavés de suppléments pour l’occasion. Tels des stars de la crèche, ils reçoivent également de nombreuses visites de gens du quartier.

Nous nous préparons à reprendre la route vers Rome ce lundi matin, en nous allégeant encore du superflu (dont les sacs de couchage), pour marcher à la grâce de Dieu et pour sa plus grande gloire !

Enfin, pour ceux qui aiment les images, la sélection photo des dernières semaines peut être consultée ici (le temps de chargement peut être long).

 

Enquête sur une quête

Deo gratias ! Nous sommes arrivés à Assise en ce 6 août et merveilleusement hébergés par les sœurs missionnaires du Sacré Coeur ( à Sainte Marie des Anges) – de façon providentielle et par l’action généreuse de Fr. Cristiano. Et en plus, en attendant la rédaction de quelques nouvelles, Celine nous fait le cadeau de partager sa relecture de ses quelques jours de marche avec nous en Alta Via et au delà.

« imageNon, je ne suis ni journaliste ni reporter, je suis une amie et je ne suis pas venue pour enquêter mais pour vivre et être avec vous.

Alors pourquoi ce titre ? Parce que ça sonne bien et parce que quand je raconte cette aventure, votre aventure, je vois bien que ça questionne !!! Et à l’issue de ces 8 jours, quand je vous voyais continuer votre route et moi revenir sur mes pas, votre caravane pèlerine m’a parlée de quête… !! Ce que nous avons partagé, le rythme des journées et la dynamique qui vous tire en avant, tout est « quête ». Je me risque à quelques déclinaisons pour illustrer mon propos… et je vous remercie de m’avoir permis d’être dans le sillon de votre marche, qui sans aucun doute porte du fruit dès aujourd’hui ! image

Une belle quête d’union et de communion, sans doute une clé de la Fraternité 😉 Mais il n’y a rien d’évident quand le chemin fait subir à chacun ses aléas et difficultés, et que les hauts et les bas sont vécus en décalés. Quand les attentes interpersonnelles n’ont pas le même niveau d’exigence et que les ajustements se font au rythme de chacun, à 8… c’est tout un poème ! Mais quelle poésie… celle qui oblige chacun à donner le meilleur de lui-même et à se déplacer, se dépasser. Chez chacun de vous j’ai vu le courage et l’effort pour avancer au rythme de la caravane malgré les aspérités du terrain ; pour s’installer le soir venu au bivouac, dans la chapelle ou dans les refuges avec la satisfaction d’avancer et enfin de se reposer ; pour trouver sa place et se mettre au service des autres dans la paix et la joie.

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Une belle quête de communion et de compréhension, entre vous et avec tous ceux qui font le chemin, ils sont nombreux : les autres pèlerins, les habitants des villages, les hôtes, les bienfaiteurs etc… et tout ça la plupart du temps en anglais ou en italien 😉 Le plus dur sur le chemin ne serait-il pas ce constat parfois de l’incompréhension et de l’absence de communion, de partage en vérité ? Quand vous avez un trésor à partager et que celui-ci n’est pas accueilli, sans doute la tristesse vous envahit. Mais quand il brille de tous ses éclats dans les yeux qui le reçoivent, alors votre cœur déborde d’allégresse et vous goûtez une joie immense. Ainsi en fut-il au cours de ces quelques jours lors de la rencontre avec la Padre Cristian, mais pas uniquement, les prénoms italiens se sont envolés de ma mémoire mais non les regards. Une belle quête de simplicité et de dépouillement, aller à l’essentiel, se dépouiller du superflu et ne garder que le nécessaire. Sur le chemin vous avez laissé derrière vous des détails inutiles ou inutilisables et vous avez allégé les bâts. Se séparer de certains objets n’était pas facile mais sûrement libérateur et ô combien plus léger pour Toto et Ménélas qui ont besoin d’une grande attention. Et puis il y a toutes ces quêtes qui nous animent chacun et chacune… Alors merci à vous très chère famille Blaise, de ce chemin partagé et de vos quêtes quotidiennes qui me font à mon tour m’interroger sur mes quêtes personnelles…

A vous lecteur d’enquêter à présent sur votre quête !! Qu’on se le dise il n’est pas indispensable de marcher 1000kms avec 2 ânes pour connaître sa quête… mais ça la rend bien consistante 😉

Dans la joie de vous savoir arrivés à Assise en ce jour de la Transfiguration, 06/08/2014.

Céline »

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Une journée particulière

imageIl y a déjà 15 jours, un couple d’amis allemands est venu nous rejoindre pour le weekend et partager un bout de chemin, en croisant Jean-Baptiste qui finissait son séjour avec nous. Merci à eux d’avoir rédigé ce récit qui donne un bon aperçu du déroulement de journées toujours providentielles….d’autant qu’ils ont eux-même bien participé à cette providence en nous aidant sans compter pendant ces 2 jours ensemble ! (Récit rédigé en allemand puis en anglais – publié depuis Chuisi Scalo en ce Dimanche 3 août)

 

Am 19. und 20.Juli durften wir, Friederike und Thomas, das große Projekt der Familie Blaise begleiten. Früh morgens aus Berlin eingeflogen, warteten wir am Mittag gespannt in Castelnuovo auf die Ankunft von Quentin und Ingrid, die wir vor eineinhalb Jahren in Vietnam kennen gelernt hatten, sowie der restlichen Familie, auf die wir uns auch sehr freuten. Gegen halb eins erblickten wir sie dann sechs Kinder, zwei Esel sowie Ingrid und Jean-Baptiste. Alle schienen sehr erschöpft von der brennenden Sonne und dem zurückliegenden Weg. Schnell waren Helfer zur Stelle, die den Eseln Wasser in Blumentöpfen brachten und nach einem geeigneten Platz für die Tiere als Nachtstätte suchten. Quentin war bei der örtlichen Gemeinde erfolgreich und organisierte eine riesige Wohnung mit dicken Matratzen, einer Küche und einer Waschmaschine. Trotz Erschöpfung kam Freude auf und die letzten Kräfte vor dem Mittagsschlaf wurden für Pommes mobilisiert. Wir waren beeindruckt von den Kindern – welche Leistung sie da erbrachten: eine 17km Etappe lag hinter Ihnen. Bewundernswert!
Am Abend besuchten wir den Gottesdienst. Besonders für uns als Protestanten ohne Italienischkenntnisse eine interessante Erfahrung. Und trotzdem erreichte uns ein gewisser Spirit! Dann gab es ein Festmahl: Nudeln mit Tomatensoße, Salat, italienischem Käse. Wir saßen an einer langen Tafel und freuten uns auch Jean-Baptiste, einen Freund von Quentin, kennen lernen zu dürfen. Der Abend war toll und endete mit Constances Gute-Nacht-Küsschen und der Planung des kommenden Tages. Keine einfache Sache. Wann sollte es losgehen, um der größten Mittagshitze zu entgehen? Wie weit würde die Strecke sein und wer würde sie laufen? Wo könnte man schlafen und wie gefährlich war das lange Stück an der Straße entlang. Eine Entscheidung wurde gefällt, jedoch am nächsten Tag der Situation angepasst. Quentin, Thomas, Leopold und Ferdinand marschierten samt den Eseln um halb sieben los, Jean-Baptist machte sich auf den Heimweg nach Frankreich und die Damen samt restlicher Kinder fuhren mit einer großen Menge an Gepäck (die Esel wurden entlastet) im Auto hinterher. Zwischendurch wechselten die jüngeren Wandere sich ab, während die Autoinsassen auf der Suche nach einer Herberge für die kommende Nacht waren. Gar nicht so einfach! Und so musste sich am Mittag doch für die ganz lange Strecke entschieden werden. Allerdings gab es zwischendurch eine tolle Mittagspause unter schattigen Bäumen, mit frischen Brombeeren, einer riesigen Menge Spaß und sehr, sehr hilfsbereiten Menschen, die von sich aus auf unsere Gruppe zukamen. Höhepunkt der Hilfsbereitschaft waren zwei Männer, die das gefährliche letzte Stück der Strecke mit Ihrem Jeep über drei Stunden begleiteten und so der Pilgergruppe Schutz boten. Wir waren überwältigt! Am Ende des Tages, nach unterschiedlichen Erschöpfungsgraden, Mittagsschläfen, Eiseinlagen, Regenschauern und durchgeschwitzten T-Shirts sowie 24 gelaufenen Kilometern waren alle um halb sechs in Borgo A Mozzano angekommen. Hier gab es eine hervorragende Jugendherberge und eine sehr hilfsbereite Organisation ähnlich des Roten Kreuzes. Am Abend dieses Tages verabschiedeten wir uns, um am nächsten Tag vor unserem Rückflug noch Pisa zu besichtigen.
Am Ende dieser Zusammenfassung fällt auf, wie wenig sie diesen zwei Tagen gerecht wird. Wir erlebten so viel Staunen, Anstrengung, Freude, Offenheit, Herzlichkeit und heitere Stunden, dass das alles gut in eine ganze Woche gepasst hätte. Abschließen lässt sich sagen: Wir ziehen gleich mehrere Hüte vor Euch, bedanken uns, dass wir ein klitzekleiner Teil der Unternehmung sein durften und wünschen Euch auch für den Rest des Weges viel Ausdauer. Möge Gott seine schützende Hand über Euch halten!

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On 19th and 20st July we, Thomas and Friederike from Berlin, had the pleasure to join the big project of family Blaise. We met in Castelnuovo after they had already walked 17km and had a lot of sun. The church offered a big flat with mattresses, a kitchen and a washing machine. After the Mass – which was very interesting for us as we are Protestants who do not speak Italian – we had a wonderful dinner on a long table. Simple, self-made and very tasty and joyful! Afterwards the next day was planed (When to start, how long to walk, who to go by car). Quentin, Thomas, Leopold and Ferdinand started at half past six while the rest of us had a longer sleep or a lot to prepare. Jean-Baptiste unfortunately left after some days of joining them in walking. The women and smaller kids left town at half past eight with a lot of luggage in the trunk to help the donkeys. As it was not possible to find a place to sleep were it was planned, the route enlarged to 24km. But we had a great picnic with a lot to eat and very nice people who offered help. Again – it is very stunning how openhearted and helpful people are. Two men decided to escort the group along a dangerous passage for nearly three hours!
We had a great time: Leopold is a wonderful big brother, Ferdinand is very strong, Theodor seems very grown up compared to the videos from the beginning, Constance is a sweet little princess, Joseph has an unbelievable amount of energy and Zelie is such a friendly person – in the middle of everything she is always smiling and observing her environment. Quentin and Ingrid who organize and manage so well with so much passion. May god bless you all, have a safe trip to Rom!

Saint François d’Assise aimait-il les ânes ?

Depuis Gambassi Terme où nous sommes bien arrivés (et bien hébergés à la Pieve Santa Maria a Chianni) en ce vendredi 25 juillet, en compagnie d’Alexandre retrouvé hier à San Miniato, nous ne résistons pas à l’envie de vous faire partager le questionnement existentiel que Miguel nous propose dans la continuité de ses désormais fameux récits d’ânes bibliques ….

« Cette fois-ci, laissons dormir les ânes bibliques : il en reste encore un ou deux, celui du roi David par exemple. Mais j’ai sur la langue une question grave : saint François d’Assise aimait-il les ânes ?

Saint François parlait aux oiseaux, tout le monde le sait. Et l’on sait aussi qu’il avait amadoué le féroce loup de Goubio, terreur des enfants : après avoir recommandé aux villageois de demander pardon à Dieu pour leurs propres méchancetés, François s’était enfoncé dans la forêt, avait rejoint la meute sauvage et là, le chef des loups avait déposé gentiment sa patte dans sa main. Le loup avait compris qu’il rencontrait un saint. (Si donc vous croisez un loup, envoyez-lui vite le plus saint d’entre vous !)
Ces histoires-là sont bien connues. Mais qu’en est-il des ânes ? J’ai interrogé là-dessus mon ami internet qui m’a emmené jusqu’au Canada, où des frères franciscains ont traité la question. Voici donc, résumées à ma façon, quelques aventures de saint François avec les animaux.
Un jour, on offrit à François une brebis qui le suivait partout : elle accompagnait les Frères à la chapelle, elle suivait l’office. Il paraît même que, sans aucun dressage, elle faisait la génuflexion, poussait des bêlements devant l’autel de la sainte Vierge et se prosternait à la messe pendant l’élévation. Si donc, petits amis italiens, vous croisez des brebis, parlez-leur de saint François : peut-être s’en souviennent-elles encore, là-bas ; si elles répondent en bêlant, il est possible que ce soit une prière.
Et les lièvres, en voit-on quelquefois dans les églises de Toscane ? Du temps de saint François, l’un d’entre eux venait se blottir sur sa poitrine plutôt que de courir la campagne. Le prochain d’entre vous qui apprivoisera un lièvre sera très fort ; il suffit de lui parler à l’oreille comme saint François, en lui disant : « Frère lièvre, aimé de Dieu… »
Plus fort encore, celui qui deviendra l’ami d’un faucon ! Il paraît que François pouvait faire sa sieste sans crainte : quand ce serait l’heure de la prière, un faucon descendait des nuages, se posait délicatement à ses côtés, et tirait du bec la pointe de sa capuche… Ils sont peut-être comme ça, les faucons d’Italie.
Bon, me direz-vous, et les ânes ? Les Frères canadiens évoquent l’amitié de François pour les fourmis, les abeilles, les araignées (les araignées aussi ?), les cigales, les chevreuils, les renards… Ils mentionnent même (quelle curieuse idée !) les vers de terre.
Et les ânes ? Eh bien si, on a failli les oublier, mais si ! Internet en parle aussi, tout à fait à la fin : parmi les amis de François, il y avait aussi des ânes. Ouf ! Et c’est d’ailleurs bien évident, car ils étaient ses compagnons de tous les jours. François roulait en âne très souvent, et s’il avait voulu vivre quelques mois d’aventure en famille, nul doute qu’il aurait trouvé plus exotique… une auto !
Fin de l’histoire. Vous apprendrez par cœur le « cantique des créatures », vous remercierez Dieu pour « sœur notre mère la Terre », et vous confierez à saint François d’Assise tous les écologistes en herbe que nous sommes. Il est notre saint patron. »

NDLR: Fra Cristiano, rencontré à Calzavitello nous disait ègalement que St François aurait choisi la couleur de la bure en rappel de la robe de frère ane…

Déserts et consolations

IMG_6565 (800x600)C’est la fin de la Ligurie et le début de la Toscane : nous sommes à Aulla en ce 15 juillet. Trois semaines se sont déjà écoulées depuis notre halte bien providentielle à Vicoforte, où nous avions été si bien bichonnés par les Soeurs de la communauté Piccola Betania.

Nous avons ensuite progressivement quitté le Piémont pour traverser la région Langhe et ses collines abruptes. Un rude pays où nous avons heureusement trouvé sur notre chemin l’accueil qui nous a permis de dormir au sec, de nous restaurer – et de nous sécher parfois car le climat n’a pas cessé de varier, nous faisant parfois goûter à des douches rafraichissantes.

Après une longue étape depuis Prunetto, nous avons atteint Piana Crixia, village où vécut la grand-mère du Pape François et où il s’est rendu lorsqu’il était enfant. Pour tenter de raccourcir notre route vers Tiglieto, nous avons bifurqué vers Sasselo en nous affranchissant des topos : une bien belle étape que ce lieu, où a vécu Chiara « luce » Badano, dont le visage rayonnant semble habiter le coeur de nombre de personnes que nous y avons rencontré – et notamment Don Mirco, jeune prêtre dynamique, qui nous a largement ouvert sa porte.

Nous avons ensuite rejoint le Chemin d’Assise (enfin !) et l’alta via à Tiglieto. A partir de ce moment là, nous avons progressivement mais surement quitté les zones habitées pour nous confronter à une nature époustouflante de beauté mais soumise à un climat variable et rude. Une grande majorité de bien belles rencontres et d’hébergements providentiels – comme au Lac Gorzente avec Simon ou chez les Boasi – a aussi parfois alterné avec des déceptions ou de l’incompréhension – comme un contrôle tatillon de police pendant près de 45 minutes à Passo dei Govi, en final d’une rude journée…

IMG_6392 (800x600)L’Alta Via porte bien son nom: la voie est étroite et souvent haute (bien que ne dépassant guère les 1500m) – avec quelques passages périlleux dont les sacoches et nos vaillants ânes se souviennent. Les conditions climatiques ont été acceptables bien que souvent humides – mais probablement providentielles car trop de chaleur nous aurait certainement nui.

Si les difficultés d’approvisionnement ou d’hébergement commençaient à se faire sentir ces derniers jours, nous avons été comblés par l’hospitalité donnée sans compter par Fra Cristiano, prêtre franciscain qui vit en ermitage à Calzavitello depuis 4 ans.IMG_1011 (800x533)

Sur notre chemin de ces dernières semaines, quelques personnes se sont jointes à l’impromptu pour quelques heures (Claudia, Filipo, Roberto) ou quelques jours (Andrea). Et puis aussi les amis comme Céline, depuis le 8 juillet et Jean-Baptiste qui nous rejoint aujourd’hui. Qu’il est bon d’élargir le cercle et de nous laisser déplacer !

Le reportage photo qui en dit plus en images est ici. A dopo !

Merci Toto, merci Menelas !

Depuis Campo Ligure où nous avons fait étape hier soir après une rude journée (dont 4 heures de perdues du fait d’une erreur d’orientation), voici le deuxième épisode des reflexions proposées par Miguel (serie spéciale « les ânes dans la Bible »). Et il est juste de les remercier après leur comportement exemplaire encore hier dans la via madelena où ils ont traversé un torrent à gué dans des conditions très sportives…Et dans le registre hébergement, nous sommes également bien reconnaissants aux bénévoles de la Croix Rouge italienne de Campo Ligure qui nous ont accueilli et ont été aux petits soins pour nous et nos compagnons aux grandes oreilles.

« Le petit âne que je vous présente aujourd’hui est sans doute le plus fameux de la Bible. Les aînés parmi vous le connaissent déjà. Ils ne savent pas son nom parce que personne ne le connaît : on ne retient pas le nom des ânes, sauf quand on a marché plusieurs mois avec eux et qu’ils sont devenus des amis. Tous les ans, à la fête des Rameaux, une semaine avant Pâques, nous regardons Jésus entrer dans Jérusalem, acclamé par la foule, et l’on se demande : « Pourquoi donc le Roi des rois est-il monté sur le dos d’un ânon ? » Lisez l’évangile de Marc, au début du chapitre 11. Étonnez-vous : tiens ! On peut emprunter comme ça l’âne d’un voisin ? Remerciez les gens du village : ils ont deviné que Jésus allait faire quelque chose de grand et ils n’ont pas voulu le contrarier. Regardez les disciples qui déposent leurs manteaux sur le dos de l’ânon ; monter « à cru », directement sur le dos, c’est amusant mais ce n’est pas assez majestueux. Regardez la foule qui jette des manteaux et des feuillages sur la route ; la monture d’un roi, il ne faut pas qu’elle se salisse les pieds ! Enfin, imaginez le petit âne docile qui porte Jésus sur son dos. Regardez-le marcher, humblement, sans histoire. Puis penchez-vous à l’oreille de Ménélas, à l’oreille de Toto, et à chacun vous dites ceci : « Merci ! Tu nous rends bien service, on ne t’oubliera pas ! »
Reste la question : Pourquoi Jésus a-t-il fait à dos d’âne son entrée triomphale à Jérusalem ? Réponse : bravo à celui qui trouvera dans la Bible le livre de Zacharie, et au chapitre 9 un texte prophétique : « Voici que ton roi vient à toi, il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. » La plus belle qualité d’un grand roi, c’est son humilité. Zacharie annonçait la venue d’un roi-Messie, celui qui est « consacré » par Dieu, le seul vrai Roi ; or il se fait tout modeste, pour mieux nous rejoindre et marcher avec nous. Un âne, c’est parfait : il chemine avec nous, tranquillement, et il donne le temps de vivre humblement. Avec ça, qu’est-ce qu’on grandit ! Merci Toto, et merci Ménélas !
Miguel »

 

Un ami biblique pour Menelas et Toto

Cet article à été écrit par un ami prêtre à l’attention des enfants…et des parents. Merci à lui de nous avoir nourri de cette réflexion biblique et de nous permettre de vous la faire partager ! (D’autres épisodes sont attendus avec impatience 🙂

« J’ai promis d’envoyer à votre rencontre quelques ânes bibliques. Le premier que je choisis n’est pas le plus connu, mais c’est le plus intelligent. D’ailleurs, ce n’est pas exactement un âne, mais une ânesse. Ménélas et Toto sont des ânes, mais ils sont intelligents aussi.
Celui dont je vous parle n’a pas de nom. Mais on connaît son propriétaire : il s’appelait Balaam. On fait sa connaissance dans le Livre des Nombres, au chapitre 22. Balaam était une espèce de prophète païen. Il impressionnait les gens par la puissance de sa prière. Un jour, un roi lui dit : « Va voir le peuple d’Israël, et prononce sur lui une malédiction ! » Ce roi espérait que, par la puissance de sa prière, Balaam aurait fait partir le peuple d’Israël. Alors Balaam s’est mis en route. Il « montait son ânesse, et ses deux garçons l’accompagnaient ». Or Dieu ne voulait pas que Balaam dise du mal au peuple d’Israël. Comment lui faire comprendre qu’il ne doit pas aller plus loin ? Dieu eut une idée : il fit peur à l’ânesse de Balaam en mettant un ange sur son chemin. Et voilà que l’ânesse rase les murs, et qu’elle traîne les pieds. Balaam lui donne des coups de bâton, mais rien à faire : elle finit même par se coucher par terre pour ne plus avancer. Pourtant, n’est-elle pas gentille et docile, d’habitude ? N’a-t-elle pas servi son maître depuis des années, sans rechigner au travail ? Que lui arrive-t-il aujourd’hui ? Et Balaam comprend… Il comprend que Dieu lui fait signe par l’intermédiaire de son ânesse. Non, il n’ira pas plus loin, il n’ira pas dire du mal au peuple d’Israël. Merci, l’ânesse de Balaam !
Dites-donc, petits amis, est-ce que Ménélas et Toto sont toujours dociles ? N’ont-t-il pas, ici ou là, des moments de mauvais humeur, à se faire « têtu comme une mule » ? Si c’est le cas, réfléchissez : peut-être est-ce un ange qui leur souffle quelque chose à l’oreille, du genre : « Vous avez suffisamment marché aujourd’hui », ou : « L’un de vous n’a-t-il pas oublié son chapeau ? », ou : « Vous ne croyez pas que c’est l’heure du déjeuner ? »
La prochaine fois, je vous raconterai l’âne « le plus connu de la bible ». Celui-là ne sera pas une ânesse, mais un ânon. Vous devinez ? Vous l’avez reconnu ? À bientôt.
Miguel »

Avanti !

Et bien nous y voilà déjà : cela fait une semaine que nous avons franchi la frontière (et notre dernier col en France – le col de Larche ou de la Madeleine – 1934m).

Nous n’avons cessés d’être soutenus et accompagnés par de belles rencontres qui nous ont véritablement permis d’avancer, en particulier lorsque les conditions se faisaient trop difficiles ou que notre troupe fatiguait. Parmi ceux-là, nous aimerions citer Raymonde et Serge à Pra Soubeiran, avec Marie-France, Sr Bernadette et Michèle, ainsi que Pierre-Louis qui nous ont entourés de leur présence et de leurs délicates attentions depuis Barcelonnette jusque bien au-delà de la frontière.

Lors de notre descente humide et froide vers l’Italie, nous avons trouvé refuge dans quelques havres de repos à Argentera et Sambuco notamment, grâce à Don Paolino et Don Roberto, ainsi que la famille Bruna.

Les ânes ont été braves dans la tempête, mais il nous a fallu une nouvelle fois faire appel à un chausseur spécialisé en arrivant à Borgo : grâce à Bartolomeo, nous avons rencontré les Manzo, maniscalci de père en fils et aux goûts sûrs. Désormais nos compagnons sont chaussés d’escarpins de première catégorie dont nous espérons qu’ils nous permettront un mois de marche sans déchausse;-)

Après un passage par la paroisse de Borgo, la cascina Giobbi (famille Bottasso) à Beinette et la communauté Piccola Betania (Vicoforte) nous commençons à reprendre des forces et prenons la route demain en direction de l’Alta Via, fameux chemin de randonnée que nous devrions rejoindre d’ici une semaine.

Le pied d’Ingrid s’est bien remis et tout le monde est en bonne santé – malgrè quelques bosses et bobos ici et là. Le moral est excellent et nous avons même réussi à faire deux veillées pour le plus grand bonheur des enfants que nous n’arrivons toujours pas à coucher avant pas d’heure. La fraternité prend quelques coups au passage, mais en ressort tout de même bien vivante et vraie.

Et enfin, quelques photos additionnelles sont à consulter ici

Un abraccio a voi di tutti la famiglia Biaggi !